Actualité • L'Edito de la brochure

Animal...

« Descendre d’un singe, mon cher, espérons que cela n’est pas vrai, et si cela était, prions pour que cela ne se sache pas ! » s’écriait l’épouse de l’évêque anglais de Worcester en 1860* . C’est ainsi que la parenté avec nos si proches cousins, dont nous partageons 98,7% des gènes, a coutume d’être malmenée. Cette petite marge induit en effet chez l’homme, depuis la nuit des temps, un effort d’arrachement au monde animal. S’il tente de s’en distinguer pour revendiquer une dignité supérieure et plus noble, des velléités de « retour aux sources » et un rejet de la sophistication viennent aussi à le surprendre à travers un processus de réintégration de l’animalité, du vivant, du biologique, par l’écologie notamment. Entre fascination et répulsion, nature et culture, l’animal, tour à tour méprisé et choyé, mangé et protégé, sacrifié et vénéré, jouit ainsi à nos yeux d’un étonnant statut. Pour être envisagé tapi au fond de l’homme mais aussi à ses côtés, son étude nous éclaire sur notre rapport au monde, à la société, à l’économie, à la culture.
Le spectacle vivant promet une matière infinie pour le traitement de cette thématique de l’animalité. Vivant, il peut en exprimer, par le jeu d’acteur notamment, la fulgurance ou en livrer, par la poésie du geste, une image sublimée. Vivant, il peut aussi convier quelques animaux en chair et en os à évoluer sur un plateau et créer ainsi, le temps d’un spectacle, de savants mélanges d’hommes et de bêtes. De la fusion homme-animal dans la figure mannequin du Centaure, au traitement de l’animalité kafkaïenne, sous-jacente et contrainte, en passant par un programme de musique contemporaine autour du langage des oiseaux - auquel l’homme est devenu sourd dès l’apparition du sien propre - c’est un ensemble de propositions « animales » qui jalonnent la présente saison pour former un bestiaire improbable et parfois humain.
Une saison « animale » peut aussi être baroque. Engagé dans cette expression, le Théâtre poursuivra son compagnonnage avec deux équipes artistiques baroques implantées en Haute-Normandie : Le Théâtre de l’Incrédule et le Café Zimmermann. En outre, deux spectacles baroques verront le jour dans notre lieu, avant d’être portés sur d’autres scènes. Toutes proches de la programmation, partie la plus visible du Théâtre du Château, d’autres réjouissances sont prévues : « poulaillers », interventions pédagogiques, ateliers de pratique artistique, lectures... Ces moments conviviaux et culturels représentent des temps plus discrets mais précieux par lesquels notre Ville se fait intelligente, ses habitants des êtres curieux et le Théâtre du Château, comme son nom ne l’indique pas, éminemment citoyen.

 
Au plaisir,

Alice Orange
Directrice

 

* Confidence relatée dans un ouvrage de l’anthropologue Ashley Montagu, l’année suivant la parution de l’Origine des espèces de Charles Darwin.

D’une scène à l’autre, d’une forme à l’autre

Vous avez pu, au cours de la saison précédente, apprécier la diversité culturelle et artistique de votre théâtre municipal. Souhaitons que cette année vos sensations s’amplifient.

Vous découvrirez une saison originale sur le thème de l’animalité. Et surpris vous le serez ! Surpris par les mises en scène, surpris par les partenariats, surpris par l’exigence de qualité que l’équipe s’impose, surpris par les représentations hors les murs, surpris par le charme de notre petite scène, surpris par la vie de ce lieu culturel.

Mises en scène. De la courte performance à l’œuvre complète. Du Stabat Mater à la farce. De la forme dansée au théâtre musical. De la marionnette au théâtre équestre. Du concert jazz au concert jeune public. De la pièce philosophique à la fable. Même du cabaret maboul !

Partenariats. Théâtre des Charmes, Festival Le Murmure du son, Académie Bach, Dieppe Scène Nationale, Rencontres en Pays de Bray sont nos heureux complices artistiques.

Qualités. La municipalité, l’équipe du Théâtre et les Eudois savourent l’inventivité et l’ouverture des artistes accueillis.

Hors les murs. Cette année nous investirons les trois lieux que sont la Collégiale Notre-Dame et Saint-Laurent O’Toole, la Chapelle du Collège, la salle Michel Audiard et nous nous déplacerons avec plaisir voir un spectacle à la Scène Nationale de Dieppe.

Charme et vie. Ce lieu est le vôtre, votre présence est nécessaire à son fonctionnement, vos sens s’ouvriront au parterre, au balcon et vos échanges passionnés feront ré(ai)sonner le hall.

Animal, on est bien ! Bonne saison dans vos murs !



Marie-Françoise Gaouyer, Maire de la Ville d’Eu
Michel Barbier, Adjoint chargé de la Culture

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