Théâtre • Jean la Chance

de Bertold Brecht

par la Compagnie Nénéka

mise en scène : François Orsoni
musique : Thomas Heuer

avec Estelle Meyer, Alban Guyon, Clothilde Hesme, Thomas Heuer, Thomas Landbo

Même si elle s’inspire d’un conte populaire de Grimm, cette pièce du jeune Bertold Brecht, inachevée et méconnue, témoigne déjà des préoccupations qui ne cesseront de hanter cet auteur. Face à un environnement vénal, rythmé par des relations d’échange, organisé et façonné par le mensonge, Jean reste fidèle à son intuition et à sa vérité. Il vit ainsi avec naïveté en écoutant son corps, la nature qui l’entoure, l’âme des gens qu’il rencontre. Mais cet être inadapté découvre cependant jour après jour les complications de la vie pour être floué et contraint d’obéir à une logique qui, quoi qu’il fasse, le désavantage. Il y a en effet toujours quelque chose d’arbitraire et de disproportionné dans les échanges auxquels Jean est confronté, l’être humain y étant notamment assimilé à un objet parmi d’autres. Le spectacle prend ainsi la forme d’un récit initiatique, le héros passant régulièrement par des épreuves où il doit échanger une chose ou une personne, contre une autre. Cette mécanique produit un rythme effréné, souvent vital, chaque scène étant un combat qui pose les fondations du personnage. Dans la mise en scène de François Orsoni, c’est l’engagement des acteurs, et la remarquable incarnation de leur personnage, qui crée cette mécanique narrative. C’est aussi la musique du spectacle, orchestrée par Thomas Heuer mais signée par les cinq interprètes eux-mêmes, qui lui donne sa radicalité. Elle amène sur le plateau la force et la vitalité des concerts punks et, ce faisant, la parole et le chant se font cris de rage et de fureur.

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Mardi 20 avril 2010 • 20h00


Crédits photos : ©Huma Rosentalski

« Le metteur en scène François Orsoni exhume ce texte bref avec une liberté de ton qui déroute et séduit. Comme si, lui-même et ses comédiens adoptaient, pour raconter l’histoire, la position de l’innocent…/… C’est du théâtre-récital sans autres effets dramatiques que ceux soulevés par le texte, dont on entend très bien les ressorts poétiques, une certaine façon d’illuminer les choses simples.»

 

Libération, janvier 2009

Tarif B
Durée : 1h15

Production Compagnie Nénéka
Coproduction Mains d’œuvres - Collectivités territoriales de Corse - Lazaret Ollandini - Ville d’Ajaccio - Théâtre de la Bastille.